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GAVROCHE

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Kouleur de la Terre MD1035
 
 
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Se considérant comme un "journaliste-musicien", Gavroche observe le monde avec empathie mais sans complaisance. Poing levé, refrains scandés, le titi rémois, fils de Kabyles, épingle dans sa chanson "Amnésie internationale" "les relents racistes, le fait de considérer certaines personnes comme des êtres inférieurs." Un hymne aux accents rasta, qui raisonne aux oreilles de chou du beau Serge, un temps sifflé pour sa recette marseillaise.

Ecouter ces Petits bouts de bonheur, c'est flâner le temps d'une chanson parmi Les Misérables de Victor Hugo, à qui le chanteur a emprunté son nom de scène, les frondes de Renaud, les psaumes rastafaris de Bob Marley et les peintures anarchistes de Léo Ferré. Né dans les Ardennes, Gavroche la gueule noire a colorié sa musique des pigments de la subversion.

Gavroche le métèque enfin, qui convoque Moustaki et cette "Révolution permanente" qu'il ne nomma pas, pour intimer à ses compagnons de rue que "Le combat continue". Quelle que soit sa chronique sociale, le troubadour trouble-fête chante non pas pour un public, mais face au peuple : sa plume acerbe brocarde les puissants, sa colère, universelle, se teinte des mélopées de l'air du temps, du flow rasta à la gouaille. La scène est sa tribune.

Son terrain de jeux surtout. Accompagné de sa guitare, Gavroche multiplie les rencontres - dans la rue comme en studio -, et les métissages. Musique traditionnelle kabyle, reggae, chansons françaises, jazz, là encore, Gavroche se moque des étiquettes : "Sur cet album, je voulais sortir des sentiers battus, de l'attendu, je me suis amusé avec les musiques de ma discothèque, comme jouer des rythmes reggae mais sans en prendre la pause, et les marier au jazz manouche, car je suis un fan de Django."

C'est donc une famille nombreuse et bigarrée, des percussions orientales au violon tsigane, qui rejoint le studio rémois de la Cartonnerie pour enregistrer cet album coup-de-poing, avec un invité de marque, Christophe Lartilleux de Latcho Drom. Le manouche, né dans la célèbre famille du cirque Hart-Goujon, apporte sa touche swing, son sens de la valse et ses histoires de "banquiste" (musicien de cirque). La rencontre de deux nomades : "Etant d'origine kabyle, je cherche toujours ma place dans la société, j'ai une roulotte dans la tête !".

A l'image des gens du voyage, Gavroche chemine en musique, entre gammes et grammaire, entouré des siens, et de tous ceux qui souhaitent rejoindre la joyeuse troupe. Des petits bouts de bonheur, essentiels.